Rencontre avec les Ovahimbas; carnet de déroute.


Ils sont entre 10 000 et 15 000, disséminés principalement dans l'extrême nord namibien, dans la zone aride du Kaokoland, mais c'est de part et d'autre du fleuve Kuene, qui fait office de frontière naturelle avec l'Angola, qu'ils sont le plus nombreux. Ce peuple nomade de chasseurs-cueilleurs fait partie des dernières tribus d'Afrique à avoir partiellement conservé ses traditions ancestrales.

Trouver les tribus Himbas n’est d’ailleurs pas si compliqué qu’il n’y paraît. La Namibie ne possède que peu d’infrastructures routières, mais celles qui sont en activité sont plutôt de bonne qualité. Si, longtemps, il fallut emprunter des pistes cahoteuses pour arriver dans la région sauvage du Kaokoland, aujourd’hui, il est possible de relier Opuwo via une route bitumée (environ 8 heures de routes depuis Windhoek).

Opuwo est une ville poussiéreuse, chaotique, presque glauque. Sa vie diurne est articulée autour des sa station service et de son supermarché. Un petit air de fin du monde, où ne l’on s’aventure guère, puisqu’il n’y a strictement rien à y faire. A Opuwo, on croise des himbas, qui, s’aventurent en ville afin de se procurer des vivres. Si initialement, ils ne vivaient que de la cueillette et de l’élevage, le monde civilisé a frappé depuis plusieurs années à leurs portes, menaçant considérablement leur mode de vie. La scène est assez surprenante, ils parcourent les rayons des supermarchés afin d’y trouver des produits qu’ils pourront cuisiner dans leurs villages (pâtes, riz…). On y croise également des tribus venus du sud de l’Angola voisin (qui ne se trouve qu'à quelques dizaines de kilomètres), et qui profitent des quelques touristes aventuriers qui arrivent en indépendant dans cette région inhospitalière. L’Angola, lui, est un pays presque inaccessible aux voyageurs.

Les Himbas parlent un dialecte proche de l’Herrero, et il est extrêmement difficile de rentrer en contact avec eux. Qui s’aventure à tenter de communiquer avec eux sans intermédiaire s’expose à être reçu de manière assez agressive. Quelques rabatteurs, (d’anciens himbas sédentarisés, en échange de nourriture), peuvent accompagner les visiteurs dans les villages. Car pour les trouver, il faut une connaissance extrême du terrain, et un bon véhicule.

Comme le veut la tradition, les femmes Himbas se teignent la peau en rouge avec une pommade réalisée à base d'huile de beurre de vache et de poudre d'ocre, afin de se protéger du soleil, ce qui les rend particulièrement photogéniques.

Trop, certainement, car le tourisme représente clairement une menace à court terme pour ces tribus. Des minibus, partant au départ des deux lodges que compte la ville, emmènent des visiteurs vers les Himbas, transformant ce qui devrait être une rencontre forte en émotions en visite d’un zoo humain.

Il reste cependant l’option de partir à la conquête de ces villages éloignés, et même de passer du temps avec eux, en se rapprochant d’une cabane jaune, non loin de la station service d’Opuwo. Ces anciens Himbas sont en mesure d’organiser des virées, loin de la ville, au plus près des dernières tribus vraiment authentiques.

Deux femmes appartenant à une tribu angolaise


Laurent Perpigna Iban © Tous droits réservés