Bouclés.


Il est à peine midi en ce 11 Octobre 2016. A la veille des célébrations de la grande fête juive du Yom-Kippour, et quelques jours après l'attentat de Jérusalem, l'armée israélienne ferme l'ensemble des points de passages entre Gaza, la Cisjordanie et le reste du pays. Et ce, pour 48 heures.

Concrètement cela signifie que les dizaines de milliers de palestiniens qui travaillent à Jérusalem, (ou sur le territoire contrôlé par Israël) , ne peuvent plus effectuer les quelques kilomètres qui séparent leur domicile de leur lieu de travail.

Cette décision "sécuritaire" à tendance à se généraliser à l'approche des fêtes juives, tout au long de l'année afin de limiter les risques d'attentats.

Les quelques 400 000 colons israéliens vivant en Palestine, peuvent eux, toutefois, effectuer les rotations habituelles, puisqu'ils bénéficient de points de passages réservés.

Dans l'autre sens, avant la fermeture des checkpoints, de très nombreux palestiniens vivant sur le territoire d'Israël, venaient profiter de ces quelques jours libres dans les territoires, occasionnant un chassé-croisé assez paradoxal sur les routes de la région.

48 heures après, au petit matin du 13 Octobre, les palestiniens bénéficiant d'autorisations pouvaient à nouveau traverser le mur de séparation.

Ces décisions de fermeture, largement commentées et contestées, ne sont toutefois pas représentatives de la situation: rappelons qu'ils ne sont qu'une infime minorité en Palestine à bénéficier de permis de circulation. Pour les autres, le bouclage, c'est 365 jours par an.

Jeudi 13 Octobre 2016, 08 heures du matin. Des palestiniens attendent l'ouverture des grilles au

"Checkpoint 300"

Mercredi 12 Octobre 2016: jeunes palestiniennes jouant près du mur de séparation. Quelques instants après la prise de cette photo, un gaz lacrymogène tiré depuis un des miradors les convaincra d'aller jouer ailleurs.

Mardi 11 Octobre 2016: un vendeur de jus de fruit installé habituellement près des points de passages quitte les lieux. Il y reviendra 48 heures après.

Mardi 11 Octobre 2016: au camp d'Aida, les barbelés et le mur ont tendance à se superposer.

Jeudi 13 Octobre 2016, midi: le corridor servant de file d'attente avant les contrôles s'est vidé. Quelques heures plus tôt, à l'ouverture, il était noir de monde.

Jeudi 13 Octobre 2016: après l'ouverture, les taxis ont repris leur positionnement stratégique.


Laurent Perpigna Iban © Tous droits réservés