Naplouse, palestinienne rebelle


Naplouse, longtemps surnommée « la petite Damas », renaît de ses cendres, elle qui fut proclamée « ville morte », pendant la deuxième Intifada, en 2002. Cette ville palestinienne, au patrimoine culturel remarquable, a subi de terribles destructions, et sa population garde encore les stigmates de jours de terreur, à l’instar de ses consœurs de la région : Badgad, Beyrouth, et Damas.

Sa configuration a joué un grand rôle dans cet épisode tragique: la vieille ville est bâtie dans une sorte de cuve. Les forces israéliennes et leurs snipers, ne pouvant pénétrer dans ces ruelles trop étroites, menèrent une guerre de tous les instants, depuis les hauteurs de la ville. Résultat, une ville en état de siège, et des civils pris entre deux feux. Les combattants palestiniens, arc-boutés dans la vieille ville d’un côté, et Tsahal de l’autre. Le bilan, tout le monde le connaît. De nombreuses victimes, un couvre-feu permanent, une ville assiégée, et une population affamée.

Ces événements font aujourd’hui partie de l’histoire de Naplouse. Et chacun profite du calme actuel, en dépit des fréquentes frictions avec les habitants des colonies israéliennes, installées partout autour de la ville. La situation demeure tendue, et, à Naplouse comme nulle part ailleurs en Palestine, on a appris à apprécier un calme que l’on sait fragile.


Laurent Perpigna Iban © Tous droits réservés