A Bordeaux, "Liberté de circulation, et d'installation".


Ce samedi 10 Décembre 2016, plusieurs centaines de personnes se sont réunies place de la Victoire, avant de défiler dans les rues de Bordeaux.

A l'initiative du collectif "Pavé Brulant", rejoints immédiatement dans cette démarche par une vingtaine d'organisations politiques, syndicales et associatives, (AC! Gironde, Attac, OSB IV, planning famillial, Solidaires, CNT...), cette démonstration avait pour but d'occuper le terrain et de ne plus "laisser la propagande fascisante parler en leur nom".

Alors que les manifestations hostiles aux réfugiés jouissent d'une forte couverture médiatique en France et en Europe, que des brigades "anti-migrant(e)s", en réalité inexistantes à Bordeaux, s'offrent de la propagande dans les journaux locaux, et que les actes de vandalisme islamophobes continuent de prospérer ( dégradation de la mosquée de Mérignac, 27/11/2016), les quelques 400 participants ont défilé derrière une bannière commune: "Bienvenue aux migrant(e)s".

Vers 13:00, la pièce de théâtre "Eldorado" été jouée sur la place de la Victoire, par l'association Les Petits Traiteaux et la chorale le Cri du Peuple.

Plus loin, lors du passage du cortège devant le parking du cours Victor Hugo, une banderole tombait du toit: sur cette dernière, le mot solidarité, traduit en plusieurs langues: anglais, arabe, pashto, bulgare, kurde, castillan, et turc.

La manifestation s'est achevée place St Michel, quelques dizaines de minutes plus tard, avec un long moment d'échange entre les participants, articulé autour de prises de parole "libres", ainsi qu'une collation offerte par la CNT 33.

Au coeur des discussions, ce que l'on appelle grossièrement la crise des réfugiés, et surtout les difficultés de l'Occident à faire face aux plus grands mouvements migratoires depuis la seconde guerre mondiale.

Démarche intellectuelle dans laquelle s'inscrit l'historien Patrick Boucheron, qui remet en cause la perception communément admise de cette délicate situation: "Depuis l’été 2015, l’afflux massif de réfugiés quittant le Moyen Orient est généralement présenté dans le débat public comme une « crise des migrants » qui mettrait à l’épreuve les défenses sécuritaires de l’Europe. On pourrait à l’inverse défendre l’idée que ce défi humanitaire place les réfugiés face à la crise de l’Europe. Elle interroge non seulement l’universalité des droits de l’homme, mais l’histoire même des rapports des sociétés aux grandes vagues migratoires qui les constituent."

Cette mobilisation vient au terme d'une année 2016 très riche en manifestations. Il apparaît clair que les luttes de cette année ont donné un souffle nouveau au militantisme bordelais. Les échéances de 2017 risquent de le confirmer.


Laurent Perpigna Iban © Tous droits réservés